Emmenez moi au… Betchouanaland

Posté par paquebot le 31 mars 2011

 

Les manuels de géographie d’autrefois fourmillent de noms bizarres ou inconnus.. A l’heure où le monde change si vite, petit voyage nostalgique au coeur des pays disparus.

Le monde va plus vite que ce que l’on croit. Un manuel de géographie daté de 1990 en donne la conviction. URSS, RDA, Tchécoslovaquie et autres Yougoslavie, y figuraient, et pourtant, quelques années après, ces artificielles créations socialistes sont déjà tombées dans les oubliettes de l’histoire. Plus on remonte le temps, plus on plonge dans le bazar humain, cette marmite géographique qui fait bouillir les peuples, qui éclate les frontières et renomme les univers, plus on remarque une chose qui peut faire peur : les pays, comme les hommes, ne sont pas éternels. Quid de l’Autriche-Hongrie, vénérable institution créée en 1867 et désintégrée en 1918, ou de l’éphémère Congo belge, devenu Congo Kinshasa puis Zaïre en 1971 avant de se transformer en RDC en 1997 ? Des générations de petits français ont du apprendre un florilège de contrées qui parfois n’existaient même plus quand ils atteignaient l’âge adulte !

« L’URSS est le plus vaste état du monde, ses plaines s’étendent à l’infini.. »

(Géographie, CM 1981)

Au moins, on pouvait s’amuser avec ces drôles de noms ! Essayez de faire prononcer « Bétchouanouland » à toute une classe…D’un côté, en moins rigolo, on avait « l’Afrique orientale allemande », « le Soudan anglo-égyptien », Ceylan ou le Sahara espagnol. En 1910, les enfants pouvaient bien se demander ce qui se passait dans le « vilayet de Tripoli », à quelle sauce on était mangé si on s’égarait sur « la côte des Somalis » ou -avec quelque appréhension- pourquoi un peuple s’appelait-il les « Niam-niams » ? Certains pays avaient un nom légèrement différent comme par exemple les « états-unis du Brésil » (jusqu’en 1968) ou qui n’avait plus rien à voir comme le Dahomey (actuel Bénin) ou la Haute-Volta (Burkina Faso), de quoi y perdre son latin car même les villes s’y mettaient. Constantinople vira Istambul, Smyrne en fumée devînt Izmir tandis que plus tard, Bône en Algérie fut renommée Annaba et Titograd la yougoslave fut baptisée Podgorica la monténégrine ! Et tout ça tombe dans l’oubli : qui se rappelle encore -à part les amateurs de bière- du comptoir allemand de Tsing-Tao en terre chinoise ?

« L’empire austro-hongrois est composé de races très diverses. Toutes ces nationalités réclament l’autonomie ou même la séparation. » (Géographie Foncin, cours supérieur et complémentaire, 1907)

Ne pas se perdre dans le « Corridor » de Dantzig…

C’est surtout après la 1ère guerre mondiale que les manuels scolaires ont du être globalement révisés : les empires multinationaux n’avaient pas résisté à leur défaite militaire. Ainsi, les enfants virent les cartes et les globes terrestres de la classe prendre un sérieux coup de jeune et l’Autriche-Hongrie, l’Empire allemand, l’Empire Ottoman et la Russie tsariste furent gommés comme par magie. A la place, d’étranges créatures géographiques allaient hanter les nuits des écoliers, plus monstrueuses les unes que les autres : une Hongrie minuscule, le très alambiqué « royaume des serbes et des croates », un anormal « corridor de Dantzig », mais aussi un « territoire de Fiume » sorti de nulle part, une « Sarre » autonome et des Transjordanie ou Transcaucasie en veux-tu en voilà ! Cent ans après, les cartes sont toujours aussi mouvantes et les élèves pas au bout de leurs peines. Vous avez dit Kosovo ?

David Carrette

Un monde en sécession

Depuis l’explosion du bloc communiste (1989-91), les nouveaux pays naissent régulièrement aux quatre coins du monde. L’ex-Union soviètique et l’ex-Yougoslavie ont accouché de micro-état ethniques -Kosovo, République Sprska, pays baltes ou de constructions plus vastes comme le Kazhakstan et l’Ukraine. Les nationalismes ont le vent en poupe et les volontés séparatistes explosent à la figure de l’Europe. En Belgique, la scission entre Flamands et Wallons est imminente, en Espagne, Catalogne et Euskadi sont déjà autonomes. Plus loin, la Turquie et l’Iraq redoutent l’avènement d’un Kurdistan souverain quant à la Chine, elle maintient le mythe d’un pays homogène grâce à la répression. Le Brésil lui, fait semblant de ne pas voir la volonté d’autonomie de son très riche sud…Aux USA, l’hispanisation progressive des états du sud fait craindre un détachement « culturel » dans un futur à moyen terme. L’Afrique (Côte d’Ivoire, Soudan, Nigeria) voit en ce moment les frontières coloniales s’effriter dangereusement. La géographie est une science qui bouge ! D.C.

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