« quelques arpents de neige… »

Posté par paquebot le 31 mars 2011

 

L’épopée du Canada français est resté longtemps présent dans les manuels scolaires. De la mort mythique de Montcalm au Traité catastrophe de 1763

Le traité de Paris signé en 1763 faisait jadis parti des dates à retenir quand on préparait le certificat d’études. L’année maudite où la France perdait définitivement l’Inde et le Canada, l’année où le monde basculait et allait devenir anglo-saxon. Voltaire riait de « ces pauvres arpents de neige » mais au fond d’eux-mêmes, les français savaient qu’ils avaient perdus la bataille décisive. Maintenant la flamme du souvenir tant bien que mal, l’école honora l’épopée du Canada français à travers la figure d’un général d’exception. En préambule, les manuels plantaient le décor :« Le Canada est très froid et le sol y est recouvert de neige durant plusieurs mois chaque année. On y chasse le renard et l’ours dont les peaux fournissent de chaudes et magnifiques fourrures. » raconte un livre de cours élémentaire de 1948 (Grandes figures et grands faits de l’histoire de France).

Une lutte désespérée mais belle

« Montcalm meurt en défendant le Canada. C’était un chef d’une bravoure remarquable. Il était admiré des peaux-rouges dont certains combattirent dans notre armée. Avec 4000 soldats, Montcalm réussit dans une bataille à vaincre 25 000 anglais » Mais les anglais toujours plus nombreux finissent par l’emporter. « Montcalm fut gravement blessé. Il prononça alors ces paroles : Je meurs content car je ne verrai jamais les anglais à Québec ». Cette phrase sera reprise dans pratiquement tous les livres d’histoire distribués à l’école primaire. Montcalm est donc paré de toutes les vertus : héroïque, patriote, il est l’ami des peuples autochtones et dans certains ouvrages de l’école primaire, on le représente fumant le calumet à l’entrée d’un tipi.

Montcalm :« Je meurs content car je ne verrais jamais les anglais à Québec »

Montcalm, héros désormais complètement oublié des jeunes générations est alors -jusqu’en 1968- un des personnages les plus connus des écoliers de France et de Navarre. Sa mort est mise en scène par les illustrateurs des livres d’histoire, comme dans l’image en couleur du Grimal-Moreau, CE de 1967. Le militaire est alors entouré des valeureux guerriers indiens et des trappeurs. « Les peaux rouges sont ses alliés » explique un manuel de 1970 (un des derniers à parler de Montcalm) « mais il ne reçoit plus aucun renfort à cause du mauvais gouvernement de Louis XV ». Un autre livre est moins dur avec le roi : « Montcalm demandait ‘de la poudre, envoyez moi de la poudre’, mais le roi ne put rien lui envoyer, les flottes anglaises, beaucoup plus puissantes que les nôtres, arrêtaient tout en mer ».

De Gaulle a osé

La France perdit donc sa « Belle Province » au « désastreux traité de Paris, un des plus sombre moment de notre histoire » dit un manuel de géographie des années 1950. Heureusement, ajoute un autre livre, « les canadiens continuent d’aimer la France. Ils parlent notre langue et chantent nos vieilles chansons. Durant les deux dernières guerres, ils sont venus se battre à nos côtés » (Notre 1er livre d’Histoire, 1959) Mais le souvenir va s’évanouir au moment où le Général de Gaulle va tenter un incroyable coup d’audace . En 1967, il remonte le « chemin du roi » sous les acclamations du peuple québécois qui attendait ça depuis deux siècles. A la tribune, bravant toute discipline diplomatique, il ose « vive le Québec libre ! ». Devant lui, les gens crient, pleurent, sautent de joie. La phrase fait scandale. On dit que le président français est devenu « fou » ou « sénile ». Il avait surtout redonné l’espérance.

Le Québec y est presque

L’aventure du Général avait ravivé une nation. En 1980, eut lieu le premier référendum sur l’indépendance de la Belle Province. Le non l’emporta facilement (59 %) notamment à cause d’une question longue et peu claire. Logiquement, l’indépendance aurait du être acquise lors du second vote en 1995. Le non l’emporta à l’arraché avec 50,5 % et il s’avèra par le suite que le référendum avait été littéralement truqué. Par la magie du gouvernement fédéral anglophone, 44 000 immigrés étaient devenus québécois pour la seule année 1995, juste avant le vote. On dénombra finalement 56 000 votes qui n’étaient pas valables ce que la justice confirma. De plus, la propagande anti-sécession avait été financé par des fonds eux-aussi illégaux. Ce fut l’immense scandale des « commandites ». Depuis, le Québec a été reconnu comme « nation » au sein du Canada. Parmi les dernièrs pays colonisés du monde, le Québec attend, comme la Palestine ou le Sud Soudan, sa libération.

David Carrette

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